TIG, MIG, MAG : quelles différences ?
TIG, MIG et MAG désignent trois procédés de soudage à l'arc sous protection gazeuse. On les confond souvent, alors que le choix entre eux détermine la vitesse d'exécution, l'aspect du cordon, le coût de la préparation et jusqu'au profil du soudeur à recruter. La différence tient à deux questions simples : l'électrode fond-elle, et le gaz réagit-il avec le bain ?
Le principe commun
Dans les trois cas, un arc électrique fait fondre le métal et un gaz protège le bain de fusion de l'air ambiant. Sans cette protection, l'oxygène et l'azote provoqueraient porosités et fragilisation. Ce qui change, c'est la nature de l'électrode et celle du gaz.
TIG (procédé 141) : la précision
L'électrode en tungstène ne fond pas ; le soudeur ajoute lui-même le métal d'apport avec l'autre main, sous protection d'un gaz inerte, généralement l'argon. C'est le procédé le plus exigeant en gestuelle et le plus lent, mais aussi celui qui donne la meilleure maîtrise du bain.
- Terrain de prédilection : inox, aluminium, alliages, faibles épaisseurs, passes de fond en tuyauterie.
- Secteurs : pharmaceutique, agroalimentaire, nucléaire, tout ce qui exige propreté et qualité intérieure du cordon.
- Limite : productivité faible, et un soudeur TIG confirmé est plus long à former.
MIG (131) : le fil sous gaz inerte
Ici le fil est fusible et se dévide en continu : il sert à la fois d'électrode et de métal d'apport. Le gaz est inerte — c'est le sens du « I » — typiquement de l'argon ou un mélange argon-hélium. Le rendement est nettement supérieur au TIG.
- Terrain de prédilection : aluminium et métaux non ferreux, épaisseurs moyennes.
- Avantage : bon compromis entre vitesse et qualité, moins exigeant en gestuelle que le TIG.
- Point d'attention : préparation et propreté restent déterminantes sur l'aluminium.
MAG (135 et 136) : le fil sous gaz actif
Même principe de fil fusible, mais le gaz est actif — dioxyde de carbone ou mélange argon-CO₂ — et participe donc à la réaction dans le bain. C'est le procédé le plus productif sur acier, largement dominant en construction métallique et en grosse chaudronnerie. Le 135 utilise un fil plein, le 136 un fil fourré, plus tolérant en position et en extérieur.
- Terrain de prédilection : acier carbone, fortes épaisseurs, charpente, structures.
- Avantage : vitesse de dépôt élevée, coût matière contenu.
- Limite : ne convient pas aux métaux non ferreux, et les projections demandent souvent une reprise.
Comment choisir en pratique
Le procédé découle de la matière, de l'épaisseur et du niveau d'exigence, pas d'une préférence. Trois réflexes suffisent dans la grande majorité des cas.
- Inox mince, tube, exigence de propreté ou de qualité intérieure : TIG.
- Aluminium ou non-ferreux en épaisseur courante : MIG.
- Acier carbone, volume, structures : MAG.
Ce que cela change pour le recrutement
Un soudeur n'est jamais « polyvalent » par principe : sa qualification EN ISO 9606 mentionne le procédé, et un certificat 141 ne couvre pas un poste 135. Vérifier le numéro de procédé sur le certificat évite l'essentiel des erreurs de casting — c'est aussi rapide que décisif.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre MIG et MAG ?
Elle tient au gaz : inerte pour le MIG (argon, sans réaction avec le bain), actif pour le MAG (CO₂ ou mélange argon-CO₂, qui participe à la réaction). Le MIG est privilégié sur l'aluminium et les non-ferreux, le MAG sur l'acier carbone.
Pourquoi le TIG est-il plus lent ?
L'électrode de tungstène ne fond pas : le soudeur amène le métal d'apport manuellement, ce qui demande une gestuelle à deux mains et un contrôle permanent du bain. C'est ce qui donne au procédé sa qualité, et son coût en temps.
Un soudeur TIG peut-il travailler en MAG ?
Techniquement, la reconversion est courante. Administrativement, non : la qualification EN ISO 9606 est liée à un procédé, et souder en 135 avec un certificat 141 sort du domaine couvert.
Quel procédé pour de la tuyauterie inox ?
Le TIG en passe de fond, pour la qualité intérieure du cordon et la maîtrise de la protection envers. Les passes de remplissage peuvent ensuite être réalisées avec un autre procédé selon le cahier des charges.
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